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Vous êtes en fin de carrière ? Transmettez votre expertise sans quitter votre entreprise

Vous avez entre cinquante-cinq et soixante-cinq ans. Vous maîtrisez votre métier comme jamais, et vous sentez pourtant que l’organisation vous confie de moins en moins de sujets nouveaux. Vous n’avez pas envie de partir, mais vous n’avez pas non plus envie de terminer ainsi. Le mécénat de compétences répond exactement à cette situation : votre entreprise vous met à disposition d’une association, sur votre temps de travail, sans que vous perdiez votre salaire ni votre contrat. Vous restez salarié. Vous changez de terrain. Et depuis la loi du 24 octobre 2025, votre employeur a une raison nouvelle de vous écouter.

Concrètement, qu’est-ce que le mécénat de compétences change pour vous ?

Le principe est simple. Votre entreprise vous met gratuitement à disposition d’une association d’intérêt général, pour y exercer une mission qui mobilise vos compétences professionnelles. Pendant cette période, vous restez salarié de votre entreprise, qui continue de vous rémunérer et demeure votre employeur au plan juridique et social. Votre contrat de travail n’est pas suspendu, votre ancienneté court, vos cotisations retraite continuent d’être versées.

La durée est modulable. Une demi-journée par semaine pendant six mois, dix jours répartis sur un trimestre, ou une mission longue pouvant aller jusqu’à trois ans depuis la loi du 15 avril 2024. Ce n’est pas un dispositif réservé aux départs : beaucoup de salariés le pratiquent à temps partiel, en parallèle de leur poste.

Ce que vous y trouvez n’est pas anecdotique. Vous retrouvez un terrain où votre expérience est immédiatement utile et visiblement reconnue — une association de dix bénévoles qui reçoit un contrôleur de gestion mesure très précisément ce qu’elle reçoit. Vous découvrez un environnement différent, souvent plus direct, où les décisions se prennent vite. Et vous préparez une transition progressive plutôt qu’une rupture brutale au jour du départ à la retraite.

Est-ce un droit que vous pouvez exiger ?

Non, et il est important de le dire clairement. Le mécénat de compétences repose sur une décision de votre employeur : c’est lui qui consent le don, c’est lui qui continue de vous payer. Vous ne disposez pas d’un droit opposable comparable au congé d’engagement associatif.

En revanche, votre accord à vous est obligatoire. La mise à disposition ne peut être mise en œuvre qu’avec votre accord exprès et écrit. Personne ne peut vous y envoyer, et un refus de votre part ne peut vous être reproché. Une convention est signée entre votre entreprise et l’association ; elle précise votre qualification, la durée, la finalité de l’opération et les missions qui vous sont confiées. Lisez-la : c’est elle qui vous protège si le périmètre dérive en cours de route.

Votre position de négociation s’est nettement améliorée depuis fin 2025. Ce n’est plus une faveur que vous sollicitez, c’est une réponse que vous proposez à une obligation que votre entreprise doit satisfaire.

Pourquoi la loi du 24 octobre 2025 joue-t-elle en votre faveur ?

La loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, dite « loi seniors », impose aux branches professionnelles et aux entreprises d’au moins 300 salariés d’engager une négociation sur l’emploi et le travail des salariés expérimentés. Cette négociation doit porter, entre autres thèmes obligatoires, sur « la transmission de leurs savoirs et de leurs compétences, en particulier les missions de mentorat, de tutorat et de mécénat de compétences ».

Autrement dit, le sujet que vous vous apprêtez à soulever figure désormais noir sur blanc dans le code du travail. Et la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a prévu un malus sur les cotisations patronales pour les entreprises d’au moins 300 salariés qui n’engagent ni négociation, ni plan d’action annuel en faveur de l’emploi des salariés expérimentés.

Votre direction des ressources humaines est donc en recherche de dispositifs concrets à présenter à ses interlocuteurs syndicaux. Un salarié volontaire, avec une mission identifiée et une association prête à l’accueillir, ne représente pas une charge supplémentaire pour elle : c’est une preuve qu’elle pourra produire.

Sachez enfin que l’opération est fiscalement avantageuse pour votre employeur. La mise à disposition ouvre droit à une réduction d’impôt égale à 60 % du coût que vous représentez sur la période concernée, dans les limites prévues à l’article 238 bis du Code général des impôts. Ce n’est pas votre sujet, mais c’est un argument utile à connaître le jour où vous poserez la question.

Quel est le bon moment pour en parler à votre employeur ?

La loi vous en fournit un, et il est nouveau. L’entretien de parcours professionnel, qui remplace l’ancien entretien professionnel, doit désormais être organisé dans les deux mois suivant la visite médicale de mi-carrière, puis à nouveau dans les deux années précédant votre soixantième anniversaire (article L. 6315-1 du code du travail). Cet entretien a précisément pour objet d’accompagner votre seconde partie de carrière.

C’est le cadre le plus favorable pour formuler votre demande : il est obligatoire, il est tracé par écrit, et son objet est exactement celui de votre projet. Ne le laissez pas se réduire à un point d’étape formel.

Préparez-le. Arrivez avec trois éléments plutôt qu’avec une intention : la compétence que vous proposez de transmettre, le volume que vous estimez réaliste — un jour par semaine, dix jours sur le trimestre —, et si possible une ou deux associations dont le besoin correspond au vôtre. Une demande instruite se traite ; une demande ouverte se reporte.

Comment articuler le mécénat avec la retraite progressive ou le temps partiel ?

Ces dispositifs ne s’opposent pas, ils se combinent, et plusieurs sont récents.

La retraite progressive est ouverte dès soixante ans depuis le décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025. Elle vous permet de réduire votre activité tout en percevant une fraction de votre pension, et la loi seniors a renforcé l’obligation pour l’employeur de motiver un refus.

Le temps partiel de fin de carrière a lui aussi été assoupli. Depuis le 26 octobre 2025, tout ou partie de votre indemnité de départ à la retraite peut être affectée au maintien de votre rémunération lors du passage à temps réduit, y compris en forfait-jours.

La combinaison la plus intéressante consiste à réduire votre temps de travail dans l’entreprise et à consacrer une partie du temps libéré à une mission de mécénat de compétences. Vous conservez un revenu, un cadre et un statut, tout en construisant progressivement l’activité qui occupera votre après. Cette architecture demande à être calculée avec votre service paie et votre caisse de retraite : les paramètres individuels varient fortement, et un simulateur générique donnera rarement le bon chiffre.

Et après votre départ, que devient votre expertise ?

C’est la question que presque personne ne pose à temps, et c’est pourtant celle qui décide de tout.

Le jour de votre solde de tout compte, le système d’information des ressources humaines de votre entreprise cesse de vous suivre. Vingt, trente ou quarante ans d’expertise sortent de l’organisation sans qu’aucun outil ne conserve le lien. Six mois plus tard, un jeune collaborateur bute sur un problème que vous auriez résolu en une conversation.

C’est la raison d’être de notre écosystème. Alumni.space relie trois choses habituellement séparées : le réseau des anciens de votre entreprise, son programme de mentorat et son module de mécénat de compétences. Vous pouvez ainsi rester mentor après votre départ, accompagner des collaborateurs plus jeunes à votre rythme, ou poursuivre des missions auprès d’associations.

Notre expérience est nette sur ce point : les anciens partis à la retraite sont souvent les meilleurs mentors. Expertise complète, aucun enjeu hiérarchique, aucune concurrence avec le mentoré, et une disponibilité réelle. Ce que vous ne pouviez pas toujours offrir en poste, vous pourrez l’offrir après.

Par où commencer ?

Commencez par regarder ce qui existe. Notre annuaire recense des associations qui recherchent des compétences professionnelles précises, avec le volume, la durée et les modalités attendues. Consultez-le et repérez deux ou trois besoins qui correspondent à ce que vous savez faire.

Vous pouvez ensuite créer votre profil de mentor sur notre plateforme et indiquer vos domaines d’expertise et vos disponibilités. Cela ne vous engage à rien vis-à-vis de votre employeur : c’est votre démarche personnelle, et elle vous servira aussi bien pendant votre fin de carrière qu’après.

Puis demandez l’entretien. Avec une association identifiée, un volume chiffré et un dispositif que la loi impose désormais de négocier, vous n’arrivez pas les mains vides.

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Sources